Le bien-être des élèves !

Enfants

L’école n’est pas seulement le lieu où les élèves acquièrent des compétences académiques, c’est aussi là que les enfants développent nombre des compétences sociales et affectives dont ils ont besoin pour s’épanouir. Les établissements d’enseignement qui promeuvent de la sorte le développement des enfants aident les élèves à prendre leur destin en main et à retirer de la satisfaction de leur vie. L’école peut aider les élèves à améliorer leur résilience face à l’adversité, à tisser des liens avec ceux qui les entourent et à nourrir leurs ambitions pour l’avenir. En d’autres termes, la vie à l’école est cruciale pour le bien-être. Selon la définition retenue dans ce rapport, le bien-être des élèves renvoie aux qualités psychologiques, cognitives, sociales et physiques dont les élèves ont besoin pour vivre une vie heureuse et épanouissante. L’enquête PISA 2015 a examiné le bien-être des élèves dans quatre grands domaines de leur vie.

: leurs résultats scolaires ; leurs relations avec leurs pairs et leurs professeurs ; leur vie de famille ; et leurs activités en dehors de l’école. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, les élèves évaluent leur satisfaction à l’égard de la vie à 7.3 points sur une échelle à 10 points, ce qui suggère que l’adolescent « moyen » est satisfait de sa vie dans la zone OCDE. Toutefois, le pourcentage d’élèves se disant mécontents de leur vie (qui évaluent leur satisfaction à l’égard de la vie à 4 points au plus) est de l’ordre de 12 % en moyenne dans les pays de l’OCDE – et passe la barre des 20 % dans quelques pays. La satisfaction à l’égard de la vie varie sensiblement entre les garçons et les filles (39 % des garçons, contre 29 % des filles, se disent très satisfaits de leur vie, en moyenne, dans les pays de l’OCDE), mais varie peu entre les élèves très performants et leurs pairs peu performants. L’anxiété liée au travail scolaire compte parmi les sources de stress que les enfants et les adolescents citent le plus souvent. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, les élèves se disant les plus angoissés évaluent également leur satisfaction à l’égard de la vie à 1.2 point de moins (sur une échelle à 10 points) que les élèves se disant les moins angoissés. Les élèves plus motivés à l’idée de réussir sont plus susceptibles de trouver du sens à leur vie.

 

Il n’est donc pas surprenant de constater que dans tous les pays et économies qui ont participé à l’enquête PISA 2015, les élèves globalement plus motivés à l’idée de réussir se disent plus satisfaits de leur vie. RELATIONS SOCIALES ET BIEN-ÊTRE DES ÉLÈVES Dans de nombreux pays, le harcèlement verbal et psychologique est fréquent à l’école. Plus de 1 élève sur 10 – soit approximativement 2 élèves au moins par classe – déclare faire l’objet de moqueries à l’école au moins quelques fois par mois dans 34 des 53 pays et économies à l’étude. Le harcèlement physique est moins fréquent, mais reste un véritable fléau dans de nombreux établissements. Quelque 4 % des élèves – soit un élève par classe environ – se disent bousculés ou frappés au moins quelques fois par mois, et 7.7 %, victimes de harcèlement physique plusieurs fois par an. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 42 % des élèves se disant souvent harcelés affirment aussi se sentir comme des étrangers à l’école. Dans les pays de l’OCDE, les élèves qui se sentent comme des étrangers à l’école sont trois fois plus susceptibles que les élèves qui s’y sentent dans leur élément de déclarer qu’ils ne sont pas satisfaits de leur vie. Dans de nombreux pays et économies, le sentiment d’appartenance des élèves à l’école a faibli depuis l’enquête PISA 2003. SYNTHÈSE 18 © OCDE 2018 RÉSULTATS DU PISA 2015 (VOLUME III) : LE BIEN-ÊTRE DES ÉLÈVES Les données PISA montrent que certains types d’activités des parents sont en relation positive non seulement avec la performance des élèves, mais aussi avec leur satisfaction à l’égard de la vie. Les élèves dont les parents déclarent avoir chaque semaine l’habitude de « passer du temps simplement à parler » avec eux, de s’attabler pour « prendre le repas principal » en leur compagnie ou de « discuter avec [eux] de la qualité de [leur] travail scolaire » sont entre 22 % et 62 % plus susceptibles de se dire très satisfaits de leur vie que les élèves dont les parents affirment ne pas en faire autant aussi souvent. Dans la plupart des pays, les élèves se disent moins satisfaits de leur vie s’ils pensent être moins riches que la majorité des élèves de leur établissement. Fréquenter un établissement où les élèves sont plus favorisés peut toutefois avoir un impact positif. En moyenne, dans les 28 pays et économies dont les données sont disponibles, les élèves dont les parents exercent une profession manuelle sont, à performance similaire, environ deux fois plus susceptibles d’espérer obtenir un diplôme universitaire s’ils fréquentent un établissement accueillant en majorité des élèves dont les parents exercent une profession intellectuelle plutôt qu’un autre établissement.

 

ACTIVITÉS EXTRASCOLAIRES ET BIEN-ÊTRE DES ÉLÈVES En moyenne, dans les pays de l’OCDE, les élèves qui disent faire de l’exercice physique modéré ou intense sont moins susceptibles de déclarer être très angoissés par leur travail scolaire et se sentir comme des étrangers à l’école. Toutefois, environ 6 % des garçons et 7 % des filles affirment n’avoir aucune activité physique en dehors de l’école. De nombreux élèves passent beaucoup de temps sur Internet : 26 % des élèves déclarent passer plus de six heures par jour en ligne le week-end, et 16 %, passer autant de temps sur Internet en semaine. Ces « utilisateurs extrêmes d’Internet » sont plus susceptibles de se sentir seuls à l’école, de ne pas avoir de grandes ambitions concernant la poursuite de leurs études et d’arriver en retard à l’école. Les élèves qui travaillent contre rémunération avant ou après la journée de classe se disent aussi satisfaits de leur vie que ceux qui ne travaillent pas, mais sont plus susceptibles de se désintéresser de l’école.

 

IMPLICATIONS DES RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE PISA POUR L’ACTION PUBLIQUE Les résultats de l’enquête PISA 2015 montrent que la variation du bien-être des élèves qui s’observe tant entre les pays qu’au sein même de ceux-ci s’explique dans une grande mesure par la perception qu’ont les élèves du climat de discipline en classe et du soutien de leurs professeurs. L’école peut en particulier contribuer à éradiquer le harcèlement au travers de partenariats avec les parents, les organisations locales et les services de santé ou d’action sociale. Il apparaît aussi que les attitudes des élèves à l’égard du travail scolaire, leur performance aux épreuves PISA et leur bien-être en général dépendent de l’implication et du soutien de leurs parents, et de l’idée que les adolescents s’en font. Les résultats de l’enquête PISA montrent que le renforcement des relations entre l’école et les parents permettrait d’apporter aux adolescents le soutien – scolaire et psychologique – dont ils ont besoin et d’améliorer ainsi sensiblement le bien-être de tous les élèves.